49 % des Québécois disent mal dormir

49 % des Québécois disent mal dormir : ce que ce chiffre ne permet pas de conclure

49 % des répondants québécois ont dit peiner à s’endormir ou à rester endormis. Ce résultat, issu d’une enquête menée en 2025, décrit un ressenti déclaré. Il ne permet pas, à lui seul, de poser un diagnostic ni d’expliquer la cause de chaque nuit difficile.

Le chiffre a été évoqué le 26 juin 2026 dans l’émission L’effet Lavallée, lors d’un entretien avec la Dre Maude Bouchard. Il mérite d’être lu avec attention, car une difficulté de sommeil cochée dans un questionnaire recouvre des situations très différentes.

49 % déclarent une difficulté aux formes variées

La question regroupait la difficulté à s’endormir et celle à rester endormi. Or ces deux expériences sont différentes : l’une concerne le début de nuit, l’autre les réveils nocturnes. Vous pouvez donc vous reconnaître dans ce chiffre sans avoir le même problème que votre voisin.

Le mot « troubles » donne une impression d’ensemble très large. Des personnes ont rapporté une difficulté. L’enquête ne dit pas combien d’entre elles vivent ce problème depuis longtemps, ni ce qui le déclenche dans chaque cas.

Ce résultat ne raconte pas non plus la récupération dans la journée. Une nuit jugée mauvaise, une période de réveils ou une difficulté installée correspondent à des réalités distinctes. Cette nuance évite de transformer un chiffre frappant en étiquette médicale.

426 répondants au Québec : une marge d’incertitude

L’enquête, réalisée par Léger pour Eisai Limitée (Canada), a interrogé 1 553 Canadiens âgés de 18 ans et plus. Parmi eux, 426 résidaient au Québec. La collecte s’est déroulée du 31 janvier 2025 au 2 février 2025.

Pour ce sous-échantillon, la marge d’erreur maximale comparative annoncée pour un échantillon probabiliste est de ± 4,7 %, 19 fois sur 20. Les 49 % constituent donc une estimation de l’ensemble de la population québécoise.

Pour l’ensemble de l’enquête, la marge annoncée est de ± 2,5 %, également 19 fois sur 20. Ces repères ne retirent rien au signal remonté par les répondants. Ils rappellent simplement qu’un sondage donne une estimation de la population.

Produits naturels, ordonnances, cannabis : des réponses très différentes

Face à leurs difficultés, 44 % des répondants québécois ont essayé des produits naturels, des vitamines ou des suppléments pour le sommeil. Cette catégorie rassemble des démarches variées, sans préciser dans l’enquête quels produits ont été choisis ni leur effet ressenti.

34 % ont eu recours à des médicaments d’ordonnance. Ce chiffre montre que des médicaments d’ordonnance font partie des réponses à une mauvaise nuit. Mais il ne dit ni pourquoi ces médicaments ont été prescrits, ni combien de temps ils ont été pris.

Le cannabis a été essayé par 9 % des répondants. Ces trois résultats ne permettent pas de déduire d’un essai de produit la nature du trouble vécu, ni de juger de son adaptation à une situation donnée.

La crainte des somnifères freine aussi la consultation

Chez les personnes n’ayant jamais pris de somnifères, 41 % craignent une dépendance. Cette préoccupation apparaît donc avant même toute prise. Elle peut peser dans la façon dont chacun envisage une aide médicamenteuse.

28 % se disent préoccupés par les effets secondaires. Et 23 % jugent leurs difficultés insuffisamment graves pour consulter. L’enquête montre surtout des motifs différents de ne pas avoir pris de somnifères.

Une difficulté persistante, des ronflements importants ou une somnolence dans la journée méritent toutefois d’être discutés avec un professionnel de santé. Un questionnaire ne peut pas remplacer cet échange, car il ne distingue pas les causes possibles.

Renoncer à la caféine paraît plus acceptable que sacrifier l’intimité

Pour mieux dormir, 34 % des répondants québécois se disent prêts à renoncer à la caféine. 30 % accepteraient de se passer d’alcool. Ces réponses parlent d’intentions, pas de changements déjà réalisés ni de résultats garantis.

La différence devient plus nette avec les relations intimes : 6 % se disent prêts à y renoncer pour un sommeil jugé optimal. Le sommeil entre ici en concurrence avec des habitudes et des priorités très personnelles. Un conseil utile doit tenir compte de cette réalité, sans culpabiliser.

Le réflexe le plus solide consiste à observer ce qui perturbe vos nuits. Il n’existe pas de règle universelle. Une routine ou un produit peut convenir à une personne et rester sans effet pour une autre.

15 % d’insomnie chronique et 3 % d’apnée déclarée : deux réalités distinctes

Le segment évoquait une insomnie chronique chez 15 % des Canadiens. Ce chiffre concerne une formulation différente des 49 % de répondants québécois ayant déclaré une difficulté d’endormissement ou de maintien du sommeil. Les deux mesures ne portent pas sur la même formulation.

L’Agence de la santé publique du Canada indique aussi que 858 900 personnes, soit 3 % des adultes, ont déclaré qu’un professionnel leur avait annoncé une apnée du sommeil. Un réveil difficile ne permet pas d’identifier automatiquement une apnée ou une insomnie chronique.

Le chiffre de 49 % a le mérite de rendre visible une fatigue souvent tue. Mais il ne livre ni cause unique ni solution prête à l’emploi. Si vos nuits se dégradent durablement ou que vos journées deviennent somnolentes, le plus apaisant reste souvent de sortir des suppositions et d’en parler.

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