Dans une tâche d’attention, 32 adultes avec TDAH ont montré davantage d’ondes lentes pendant l’éveil. Ces signaux, habituellement liés au sommeil profond, pourraient aider à comprendre certains moments de décrochage sans devenir un test de diagnostic.
L’étude oppose ce groupe à 31 adultes neurotypiques, avec un enregistrement EEG. Elle éclaire un phénomène très concret : vous restez éveillé, mais votre attention peut soudain devenir moins stable.
Des ondes du sommeil repérées alors que les participants sont éveillés
Les chercheurs ont observé des ondes lentes d’éveil au cours d’une tâche qui demandait de rester attentif. Leur densité était mesurée en ondes lentes par minute, ou SW/minute.
Chez les participants concernés par le trouble, cette densité était plus élevée. La différence ressortait sur des électrodes pariétotemporales, posées sur des zones précises du cuir chevelu.
Le résultat ne dit pas qu’une personne s’endort en pleine activité. Il suggère plutôt que certains mécanismes associés au sommeil profond peuvent apparaître localement, alors même que vous êtes en état d’éveil.
Pourquoi un « blanc mental » peut accompagner ces signaux
Ces ondes lentes étaient associées à davantage d’erreurs d’inattention, à des réponses plus lentes ou plus irrégulières, et à des épisodes de vagabondage mental. Le « blanc mental » décrit ici correspond donc à une difficulté mesurée pendant la tâche, pas à une simple impression vague.
Quand vous devez maintenir votre concentration, une réponse qui varie beaucoup d’un instant à l’autre peut peser autant qu’une réponse lente. L’intérêt de ce travail est de relier ces variations à une activité cérébrale observée par EEG.
Cette association ne permet pas, à elle seule, d’expliquer chaque difficulté d’attention. Elle donne une piste pour étudier pourquoi certains moments de vigilance semblent se fissurer brusquement.
Le cerveau ne décroche pas de la même manière partout
Les ondes lentes relevées ne sont pas réparties de façon indifférenciée dans les résultats. Leur présence plus marquée sur les électrodes pariétotemporales invite à regarder l’éveil comme un état qui peut varier selon les zones cérébrales.
C’est une nuance utile si vous associez l’attention à un interrupteur, allumé ou éteint. Les données décrivent plutôt des épisodes brefs où la vigilance et la réponse à la tâche deviennent moins régulières.
Cette lecture reste prudente. L’étude compare des groupes et établit des liens entre les ondes lentes et les difficultés observées ; elle ne fournit pas une explication unique à toutes les manifestations du TDAH.
Un biomarqueur potentiel, pas un examen à demander
L’Institut du Cerveau présente ces ondes comme un biomarqueur potentiel et une piste de recherche. Le mot « potentiel » compte : aucun seuil chiffré ne permet à ce jour de classer une personne à partir de cette mesure.
Il n’existe pas non plus de procédure clinique officielle de dépistage fondée sur ces ondes, ni de recommandation de traitement qui en découle. Un EEG réalisé dans ce cadre de recherche ne remplace donc pas l’évaluation habituelle.
Le diagnostic demeure clinique. Pour vous, cette distinction évite de transformer un résultat scientifique prometteur en réponse rapide à une question de santé plus complexe.
La publication de 2026 ouvre une piste, sans clore le débat
Le communiqué de l’Institut du Cerveau a été publié le 17 mars 2026, puis sa page a affiché une mise à jour le 4 juin 2026. L’article scientifique est indexé dans le Journal of Neuroscience au 15 avril 2026.
Il est signé par Elaine Pinggal et plusieurs collaborateurs, dont Thomas Andrillon, chercheur Inserm et membre de la DreamTeam de l’Institut du Cerveau. L’étude réunit aussi des organismes français, australiens et européens.
Le manuscrit avait été reçu le 20 août 2025, révisé le 28 novembre 2025, puis accepté le 12 décembre 2025. Cette chronologie rappelle que le résultat publié en 2026 s’inscrit dans un travail scientifique déjà engagé l’année précédente.
Pour les adultes concernés, une explication possible parmi d’autres
L’Institut du Cerveau indique que 2,5 % des adultes sont concernés par le TDAH. Ce chiffre ne permet pas de reconnaître le trouble chez soi, mais il replace l’étude dans une réalité qui touche des adultes aux profils très différents.
Vous pouvez retenir une idée plus simple : une difficulté d’attention n’est pas forcément un manque d’effort ou de volonté. Ici, les chercheurs explorent un mécanisme mesurable qui pourrait participer à certains décrochages.
La suite dépendra de travaux capables de préciser à qui ces ondes s’appliquent et comment les interpréter. Pour l’instant, elles dessinent une piste : pendant l’éveil, le cerveau peut parfois laisser passer un peu de sommeil, et cela pourrait peser sur l’attention.
