Avec des chaussettes de lit, l’endormissement a été plus rapide de 7,5 minutes dans une petite étude menée en chambre fraîche.
Le résultat intrigue, surtout quand les pieds restent froids au moment de se glisser sous la couette. Il ne promet pas une nuit parfaite, mais il donne une piste simple : réchauffer les pieds pourrait favoriser le passage vers le sommeil.
Dans l’étude, l’attente avant de dormir a presque diminué de moitié
Six jeunes hommes coréens ont passé deux nuits expérimentales de sept heures, de minuit à 7 heures. Une nuit se déroulait sans couvrir les pieds, l’autre avec des bas de couchage conçus pour les réchauffer.
Sans cette couche textile, la latence d’endormissement était de 16,0 minutes en moyenne. Avec elle, elle passait à 8,5 minutes. Si vous restez éveillé parce que vos pieds sont glacés, ce résultat mérite donc d’être regardé sans en tirer une règle universelle.
Les chercheurs Yelin Ko et Joo-Young Lee, de Seoul National University à Séoul, ont publié ce travail le 24 avril 2018 dans le Journal of Physiological Anthropology. L’écart observé était statistiquement significatif.
Des pieds plus chauds, mais un effet global à interpréter avec prudence
La température cutanée moyenne du pied atteignait 35,0 °C avec les chaussettes, contre 34,2 °C sans elles. Le textile réchauffait bien cette zone, dans une chambre maintenue à 23,0 °C avec une humidité relative de 55,0 %.
Vous pouvez y voir une explication très concrète : la sensation de froid aux extrémités peut rendre le coucher moins confortable. Mais l’étude n’a pas montré de différence statistiquement significative sur la température rectale, la fréquence cardiaque moyenne, la température cutanée moyenne ni les réponses aux questionnaires.
La baisse de température rectale pendant les sept heures différait peu entre les deux conditions. Les auteurs ne relient donc pas leurs résultats à une modification démontrée de la température interne du corps.
Le sommeil a aussi été moins fragmenté durant test
Le temps total de sommeil était de 394,0 minutes lorsque les pieds étaient réchauffés, contre 362,0 minutes sans cette protection. L’efficacité du sommeil montait, elle, de 86,2 % à 93,8 %.
Vous ne devez pas lire ces chiffres comme la promesse d’un gain identique chez vous. Ils décrivent seulement ce qui s’est produit chez les participants, dans deux nuits très encadrées et dans les mêmes conditions de chambre.
Le nombre de réveils était aussi inférieur avec les bas : 8,8 contre 16,3. Cette différence donne du poids à l’idée d’un sommeil plus continu, mais elle porte sur un groupe très réduit.
Pourquoi six participants ne suffisent pas à trancher
L’échantillon comptait uniquement six hommes jeunes, d’un âge moyen de 22,7 ans. Une observation aussi resserrée ne permet pas de prévoir la réponse d’une femme, d’une personne plus âgée ou de quelqu’un qui vit avec des nuits difficiles.
Les auteurs le disent eux-mêmes : il faudrait des études plus larges, avec des femmes, des personnes âgées et des personnes souffrant de troubles du sommeil. C’est une limite nette, pas un détail de méthode.
Les chaussettes au lit restent une habitude minoritaire chez les 25-40 ans
Une enquête ResMed menée en 2026 auprès de 2 000 Français indique que 17 % des personnes âgées de 25 à 40 ans dormiraient ainsi. Vous n’êtes donc ni seul ni dans une pratique rare si vous gardez cette habitude sous la couette.
Cette enquête décrit un comportement ; elle ne mesure pas la qualité du sommeil de chaque répondant. Elle ne permet pas non plus d’affirmer que cette habitude explique, à elle seule, de meilleures nuits.
Le sujet a aussi été mis en avant dans un article signé Nina Parage, publié le 8 juin 2026. Le geste parle au quotidien : on cherche souvent d’abord à faire disparaître l’inconfort qui retarde le moment de fermer les yeux.
Faut-il essayer quand les pieds froids retardent le coucher ?
Vous pouvez envisager cette option si le froid aux pieds vous gêne au lit et si elle reste agréable. L’étude comparait précisément deux conditions, avec ou sans bas réchauffant les pieds ; elle ne teste pas toutes les matières ni toutes les sensations de chaleur.
Mieux vaut aussi accepter qu’une solution confortable ne traite pas toutes les causes d’un endormissement long. Des réveils répétés, une fatigue qui dure ou des difficultés installées demandent un regard plus large sur vos nuits.
Une insomnie persistante, des ronflements marqués ou une somnolence dans la journée justifient d’en parler à un médecin. Les chaussettes peuvent réchauffer les pieds ; elles ne remplacent pas un avis médical lorsque le sommeil reste abîmé.
Un petit confort du soir, pas une ordonnance pour toutes les nuits
Cette étude donne une raison crédible d’essayer quand le froid vous tient éveillé : dans son protocole, les pieds plus chauds allaient avec un endormissement plus court et moins de réveils. Mais six jeunes hommes ne résument pas toutes les nuits. Gardez ce geste s’il vous apaise, et laissez tomber s’il vous gêne.

