56 % de risque en plus d’infarctus ou d’AVC : le chiffre frappe. Il touche une habitude banale, garder de la lumière pendant la nuit.
Une étude publiée le 23 octobre 2025 dans JAMA Network s’est penchée sur l’exposition à la lumière artificielle nocturne. Si vous dormez avec une veilleuse, un écran allumé ou une pièce jamais vraiment sombre, le sujet mérite d’être regardé de près.
Les personnes les plus exposées à la lumière entre minuit et 6 h du matin n’étaient pas dans la même situation que celles qui dormaient dans l’obscurité complète. Deux reprises des résultats circulent avec deux chiffres différents. 43 % d’augmentation du risque d’AVC dans l’une, 56 % d’augmentation du risque d’infarctus ou d’AVC dans l’autre.
Ce décalage impose une lecture prudente, mais le signal va dans le même sens.
Entre minuit et 6 h, la lumière n’a rien d’un détail
La tranche horaire citée est précise : minuit-6 h. C’est le moment où votre organisme est censé rester dans un environnement sombre et stable.
La comparaison aussi est nette : d’un côté, les personnes les plus exposées à la lumière la nuit ; de l’autre, celles qui dorment dans le noir complet. Cela change la lecture du sujet. On ne parle pas d’un simple confort visuel, mais d’un contexte nocturne qui pourrait peser sur la santé vasculaire.
Le chiffre de 56 % attire l’œil, et c’est logique. Mais l’autre reprise, à 43 % pour le risque d’AVC, rappelle qu’il vaut mieux retenir la direction du message. Inutile de jouer à l’exactitude absolue entre deux formulations qui ne disent pas tout à fait la même chose.
Pourquoi les chercheurs regardent l’horloge biologique
Le mécanisme avancé est la perturbation du rythme circadien. Vous exposez votre corps à un signal de veille au moment où il devrait rester calé sur le repos.
Le rythme circadien correspond à l’horloge biologique qui régule veille et sommeil. Si cette horloge reçoit de la lumière la nuit, elle peut perdre une partie de ses repères. Cette hypothèse est cohérente.
Les notes relient ce point à des travaux attribués à des chercheurs chinois sur la lumière nocturne et le risque accru d’AVC. Le sujet est le fait que la nuit n’envoie plus au corps le signal attendu.
Pourquoi le téléphone revient-il si souvent dans ce débat ?
Parce qu’une autre note cite la lumière bleue du téléphone avant le coucher. Elle est décrite comme pouvant retarder la production de mélatonine, l’hormone qui prépare au sommeil.
Il ne s’agit pas de deux dossiers séparés. D’un côté, la lumière nocturne pendant la nuit ; de l’autre, la lumière bleue avant l’endormissement. Dans les deux cas, la même idée revient : la lumière peut brouiller les signaux biologiques du soir.
Le chiffre de 56 % ne dit pas “cause certaine”, mais il n’autorise pas l’indifférence
Il faut rester sobre sur ce type de résultat. Une association de 56 % ou de 43 % ne suffit pas à résumer toute la vie d’une personne. Elle ne transforme pas non plus chaque réveil avec une veilleuse en danger immédiat.
Mais l’erreur serait de balayer cela d’un revers de main. Quand une étude publiée dans JAMA Network relie la lumière artificielle nocturne à un risque cardiovasculaire plus élevé, vous avez au moins une bonne raison de regarder vos habitudes de nuit. Et de le faire avec un peu moins de désinvolture.
L’habitude visée est massive. Beaucoup de gens s’endorment avec un téléphone à portée de main, une lumière résiduelle dans la chambre ou un écran qui reste actif. C’est banal.
Justement.
Le sommeil n’est pas qu’une affaire de durée
Les notes citent aussi un autre point : dormir plus de 8 heures par jour augmenterait le risque d’AVC. Deux sources datées du 27 février 2015 et du 1 mars 2015 évoquent ce lien avec des nuits trop longues.
Le piège classique est de penser que seule la quantité compte. Or les éléments réunis ici parlent autant du temps de sommeil que de son cadre biologique.
Passer une longue nuit dans un environnement lumineux ne raconte pas la même histoire qu’un sommeil continu dans l’obscurité. Les faits fournis ne permettent pas d’aller plus loin. Mais ils suffisent à rappeler qu’une nuit “longue” n’est pas automatiquement une nuit réparatrice.
Faut-il tout ramener au nombre d’heures dormies ?
Non. Vous pouvez rester focalisé sur la durée. Alors que le problème se joue aussi dans la qualité du signal nuit-jour envoyé au cerveau.
C’est pour cela que la mélatonine, l’horloge biologique et l’obscurité reviennent ensemble dans ce sujet. Une chambre sombre ne promet pas une protection totale, mais une chambre éclairée ne semble pas neutre.
Quand un trouble du sommeil passe sous le radar, le risque ne disparaît pas
Les notes rappellent un autre fait lourd : 4 millions de Français souffriraient d’apnée du sommeil sans le savoir. Cette donnée est datée du 18 juillet 2025.
L’apnée est associée à des risques d’AVC et à des maladies cardiovasculaires graves. Le sujet ne se réduit donc pas à la seule lampe de chevet ou au seul téléphone.
Le sommeil agit souvent par addition de signaux défavorables. Une lumière gardée la nuit peut perturber le rythme circadien ; un trouble respiratoire ignoré peut peser, lui aussi, sur le risque vasculaire. Pris ensemble, ces repères dessinent une idée simple.
Mal dormir ne veut pas toujours dire dormir peu.
Ce que cette étude change dans une chambre ordinaire
La nuit complète n’est pas faite pour rester lumineuse. Si vous laissez une source de lumière active entre minuit et 6 h, vous êtes dans la zone visée par l’étude. Pas dans un cas théorique.
Le téléphone juste avant le coucher mérite aussi d’être regardé sans complaisance, car sa lumière bleue peut retarder la mélatonine. Ce n’est pas une promesse de catastrophe, mais ce n’est pas non plus une habitude anodine.
Cette recherche raconte quelque chose de très quotidien : la chambre moderne est souvent trop éclairée pour un corps qui attend l’obscurité. Si vous dormez mal, si la lumière reste présente la nuit ou si un trouble comme l’apnée est suspecté, le bon sens consiste à prendre ces signaux au sérieux. Sans panique, mais sans les banaliser.
